Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

09/12/2016

HOTDOG

HOTDOG vient de sortir !

C'est une poésie documentaire.

Je dis la précarité.

On a le droit de rire.

On a le droit de tout quand on en est là.

COUV HOTDOG.png

 

 

 

 

 

 

 

extrait :

quand j’étais petite

j’étais petite

je regarde mes parents qui se disputent

ça fait de la musique

des tambours

avec des grands silences entre

moi

rien

petite

 

est-ce que je sais être gentille ?

est-ce qu’on m’a appris à être gentille ?

 

je sais pas quoi faire

je coagule pas

je sais pas quoi faire

 

tout le monde coagule !

coagule bordel !

 

il faudra

peut être

ou rien

 

Vous pouvez le commander sur le site de l'éditeur :http://lepedaloivre.fr/#natyot_hotdog

ou directement à moi ( chèque de 10 euros à mon nom : nathalie Yot et adresse : 8 rue Roudil 34000 Montpellier ) et je dédicace !!!

Une partie des bénéfices iront directement au creux de leurs mains...

 

 

 

 

 

16/09/2016

dimanche

ils arrivent

les hommes

les femmes

et les petits aussi

ils arrivent en voiture

toutes sortes de voiture

ils s’arrêtent devant la maison

ils avancent jusqu’à la porte

ils s’embrassent

ils entrent dans la maison

il y a des chaises

ils s’assoient

ils parlent

ça sent la cuisine

il y a de la viande

les hommes aiment la viande

les femmes

et les petits aussi

ils mangent

ils ne parlent presque plus

les bouches mâchent la viande

et la salade avec de l’huile

il y a des serviettes en tissu

pour s’essuyer

après ils dorment

pas tous

certains ferment les yeux sans dormir

ceux qui ont les yeux ouverts se regardent

ils se posent des questions

toujours les mêmes

et ils boivent du café qui brule

ils soufflent sur le café

pas tous

il y a des petits biscuits

les hommes aiment les petits biscuits

les femmes

et les petits aussi

les bouches

font

plus de bruits

avec les petits biscuits

qu’avec la viande

mais moins

que quand ils parlent

ils ont tout fini

ils sont épuisés

toutes les questions ont été posées

toute la viande a été mangée

le café et les petits biscuits

c’est terminé

ceux qui dormaient se réveillent

les hommes

les femmes

et les petits aussi

ils s’embrassent

ils remontent dans leur voiture

ils repartent

ils font des signes avec la main en direction de la maison

pas tous

 

 

 

 

12/05/2016

JE N'AI JAMAIS ÉTÉ MAIS IL EST ENCORE TEMPS

Je suis ravie de vous annoncer la sortie de mon nouveau recueil de poésie "JE N'AI JAMAIS ÉTÉ MAIS IL EST ENCORE TEMPS " toujours aux Editions Gros Textes.

Jeété fluo vert RVB.jpg

11/04/2016

NATYOT DIT la petite route

 

 

Lire la suite

24/02/2016

Dates à venir

Au mois de Mars, je serai :

- Le 8 Mars au Centre Culturel François Villon Frontignan 21H lecture en solo pour la journée des droits de la femme.

- Le 13 Mars 17h NATYOTCASSAN à la Galerie JJV à Rodez

- Le 18 Mars 20h NATYOTCASSAN Théatre de Pézénas

- Le 19 Mars CIPM Marseille lecture en solo

- le 20 Mars Librairie Le Carré des Mots à Toulon pour la sortie de TESTE22

- le 25 Mars Débordement d'auteurs Romans sur Isère ( avec Magali Mougel et Jean Cagnard )

18/02/2016

Le déplacement des montagnes

La revue TESTE 22 sortira le dimanche 20 mars 2016 à Toulon, à la librairie Le Carré des Mots ( j'y serai ). Un de mes textes y est publié aux côtés de poèmes de Laura Vazquez, Pauline Catherinot, Claudie Lenzi, Pierre Tilman ou encore Pennequin...

Le voici :

j’attends le déplacement des montagnes

je suis en avance

ce n’est pas l’heure

je suis en avance

mais je me prépare

on se prépare tous

on a mis nos habits de déplacement des montagnes

on les a sortis de dessous la pile

depuis tout ce temps

 

attendre le déplacement des montagnes

ce n’est pas aussi facile que cela puisse paraitre

oh que non

les habits, ça ne suffit pas

claquer la porte, ça ne suffit pas

il va se passer quelque chose, ça ne suffit pas

je prends mon élan, ça ne suffit pas

 

on a entendu dire

et juste ça

entendre dire, ça nous a déboulonnés

les écrous se promènent sur les routes

on en a perdus plein

des millions d’écrous perdus

c’est la pagaille

faut prendre des clés de douze

chacun sa clé de douze et on resserre

avant de devenir des bêtes

 

je m’assoie sur la pierre qui est l’enfant de la montagne

j’ai les fesses au chaud de l’enfant

l’enfant vieillit bien

il ne se refroidit pas

 

je cherche le calme

je grandis sans bouger

je suis grande sans bouger

je suis grande et immobile

j’ai des fourmis partout

je cherche des mains à attraper

je suis grande de besoin

je sens que je suis calme

je ne m’enfonce pas les doigts dans les yeux

je ne mets pas les mains dans les arbres

ça se voit que je suis calme

 

les maisons se laissent effondrer

les cerveaux se laissent effondrer

la vie coule coule coule coule coule coule coule

et ne colmate rien

rien ne se passe

 

est-ce que rien ne se passe ?

est-ce que c’est possible que rien ne se passe ?

je voudrais bien que rien ne se passe

que tout s’arrête

vivre un moment de rien

où tout est dans l’œuf

ni mort ni vivant

simplement inerte

de la chair inerte

tous les animaux inertes

les cellules

l’eau inerte

les planètes aussi

et de l’air figé

des humeurs figées

tout ce qui existe fait la statue

tout ce qui existe se tait

avale

 

on peut prendre une position confortable

s’installer dans le rien ne se passe

et les barrières tomberont

avec le bruit des barrières qui tombent

tout le monde connaît le bruit des barrières qui tombent

et tout le monde le reconnaitra

et sera satisfait

satisfait sans bouger

calme

satisfait dans une position confortable

calme

pas effrayé par le bruit des barrières

calme

et courageux

on aura le beau courage du sang arrêté

le courage du suspend

la rigueur du suspend

on verra les visages

l’expression des visages sans barrière

tout nu, tout là, tout bien

sans que rien ne se passe

surtout pas de mot

il n’y a pas de mot pour quand rien ne se passe

ça ne s’est jamais passé que rien ne se passe

alors il n’y a pas de mot

et je ne voudrais pas qu’il y en ait

je voudrais un rien ne se passe sans mot à inventer

juste le bruit des barrières et les visages nus

 

ce sera le signe pour les montagnes

elles pourront se déplacer

 

 

05/01/2016

Je n'ai jamais été

Version a cappella de Je n'ai jamais été fimée à Sête par Laura Vasquez pour sa chaine Youtube ACCIDENT sur laquelle il y a plein de bons et beaux poètes !!!


25/11/2015

JE FAIS COMME IL FAUT

 

Je fais comme il faut.

Je fais comme il faut de tous les cotés de la terre.

Je pense à tout le monde, je pense à moi aussi.

J’aime ma mère et je caresse les chiens.

Je fais le ménage et la conversation.

Je cours pour ne pas être en retard.

J’apporte des croissants, j’apporte de la joie, j’ai des problèmes dont je ne parle pas, je me griffe en silence, je ne dis pas quand j’ai froid, quand j’ai faim, quand j’ai peur.

Je fais comme il faut toutes les heures et toutes les secondes.

Je suis franche, sincère, je regarde dans les yeux. Je trouve les yeux beaux dedans. C’est sur que c’est beau.

Je ne dis pas les mots blessants. Je ne rentre pas dans le lard. Les insultes restent dans ma tête. Je ne froisse personne. Je ris, je suis pleine de vie. Je ris même si ce n’est pas drôle. J’écoute les imbéciles, les connards, j’écoute la télé, la radio, j’écoute tout le monde. Je fais tout comme il faut.

Je rencontre, je partage, je ne suis pas perdue, je suis là, au milieu des personnes.

On ne se moque pas de moi, je le saurais. Il y a des signes, je vois les signes. Il me semble que je vois les signes.

J’obéis à la loi, j’obéis à mon père, j’obéis aux courants, aux modes, aux flics, à l’ensemble des règles. Je suis blanche à tous les niveaux, tu vois.

Je comprends la colère, la folie et le débordement. Ce n’est pas difficile. C’est tellement tentant.

Je peux penser à tout et ne penser à rien. Je sais que je fonctionne. Je sais que tout fonctionne. Je suis assurée de mon état de marche.

Je fais le tri de mes ordures, de mes envies, de mes idées. Je fais le tri de tout. Je fais comme il faut que ce soit.

Je ne fais pas de bruit. Je ne fais pas la grève. Je ne dérange pas. Je glisse dans mes draps. Je n’ai pas trop de haine. Si peu. Je traverse les intempéries, les branches me claquent au visage, je suis égratignée, rayée, toutes ses petites marques appuient sur mes tempes.

Je suis lasse le dimanche. Je fais TOUT comme il faut.

Je sais tenir mon rôle. Ma salive est épaisse. J’avale à peu près tout et sans faire de grimaces. Rien ne me dérange. Rien n’a d’importance.

 

Ça ne dépend pas des autres la mélancolie.

On peut s’acheter un pull noir et le porter jusqu’à ce qu’il se déchire.

On est le maitre de sa mélancolie.

Avec un bâton, avec une crosse, avec une caillasse bien dure, on en vient à bout.

 

Je n’ai pas besoin d’aide, pas besoin de confort, pas besoin de remède.

Je fais tout comme il faut.

Je ne dors pas la nuit.

Je crie dans mon coussin.


 

 

 

14/10/2015

le mur sale

Il faut te mettre des menottes. Il faut t’empêcher, te garder serré. On ne va pas dans un mur sale. On ne se jette pas de son plein gré dans un mur sale. L’attirance n’est pas une bonne raison. Je vais t’attacher comme dans les zaziles (on ne dit plus zazile, c’était avant les zaziles). Tu vas venir contre moi, tu vas sentir ma laine, tu vas me laisser tes poignets. Tout près de moi attaché dans ma laine, retenu dans la chaleur de ma laine, tu n’iras pas dans le mur sale. Tu seras confiant, personne ne te jettera des cailloux, personne ne te crèvera les yeux, il ne s’agit pas de la torture des hommes, c’est juste une tentative que je fais, la tentative de la laine. Tes menottes frotteront. Ma laine sera mouillée, complètement trempée, à cause de ton agitation. De grosses gouttes tomberont parterre et avec elles l’attirance du mur sale. On regardera ensemble la rivière de tes gouttes filer sur le sol et sécher dans le courant d’air. On n’en reviendra pas, on débouchera des bouteilles de tout et de n’importe quoi, je te ferai un bon repas et je t’emmènerai au zoo. Je te raconterai la vie des bêtes. De toutes les bêtes. Comment elles font pour survivre dans des cages, comment elles cherchent la chaleur, comment elles comprennent qu’elles ne sont pas des hommes, et puis je t’enlèverai les menottes.

 

02/09/2015

chaine Youtube

Pour voir l'ensemble de mes vidéos, voici le lien !


natyot

26/06/2015

le ralentissement du monde

Je vais pas y aller ce matin, je leur dirai je sais pas la tête le cœur ou n’importe quoi d’autre, une impossibilité ça se trouve, ou alors je leur dirai rien, je ferai comme si j’arrivais plus à parler (à cause d’eux), ils diront que je suis folle, que je ne me rends pas compte, que ce n’est pas possible, et si c’est possible, même que j’irai me promener avec l’air frais qui pénètre les pores et la lumière qui fait plisser les yeux comme quand on va se battre, je vais pas y aller ce matin, je vais fumer des cigarettes en regardant le ciel, je vais écouter les bruits oubliés, les brindilles et le craquement des troncs, les bruits qui n’ont plus d’importance (à cause d’eux), je vais croiser le chemin des autres qui n’y sont pas non plus allés ce matin, la tête le cœur ou n’importe quoi d’autre, pour eux pareil, un matin suffit, un matin c’est rien, c’est tout, je peux me prendre ce temps là, cette année j’ai pas fait de maladie, je suis toujours de toujours de toujours là, depuis combien déjà, je ne compte plus ça, oui juste quelques heures, pendant lesquelles mes mains m’appartiennent, RENDEZ-MOI MES MAINS, qu’elles se posent où elles veulent, qu’elles caressent qui elles veulent, ou dorment simplement au bout de mes bras, c’est sur je vais pas y aller ce matin, tant pis pour ma collègue qui va devoir en faire deux fois plus, tant pis pour ceux qui attendront, tant pis pour le ralentissement du monde, ils diront l’absentéisme c’est un vrai problème, et ils feront de drôles de têtes en le disant, ils gonfleront les joues en voyant mon fauteuil sans moi assise dedans, et quand leur souffle sortira, faudra pas respirer crois moi, ils leur tordraient bien le cou aux abonnés de l’absence, aux fragiles, aux dépressifs, et je dis ça gentiment parce qu’en fait, ils leur mettraient bien une barre de métal dans la gueule, c’est de cet ordre là, sauvage, comme à la guerre, alors je vais pas y aller ce matin, je vais ralentir le monde, tout doux, calme, couche toi le monde, au pied, là, c’est bien, je vais pas y aller ce matin.

 

 

 

 


13/05/2015

la petite route

on se suit

 

on va se suivre encore

 

prendre la petite route

 

là, après le buisson qui a une drôle de forme

 

c’est parfait la petite route, il a dit

 

on sera isolés sur la petite route

 

on ne croisera peut-être personne

 

on ne se battra avec personne

 

il n’y aura pas de combat, même pas dans les yeux

 

ça ne saignera pas dans les yeux

 

on aura la paix, la sensation de la paix

 

par la petite route, c’est sur

 

il n’y a que des cailloux morts et des bêtes peureuses

 

et au dessus des mouches folles

 

on va écraser la terre, on va écraser la vie, on va les faire se mettre à genoux

 

toutes nos manières d’être

 

qui ne nous ressemblent pas

 

qui sont venues par erreur

 

qui nous tournent dans le ventre

 

et l’ennui aussi aplati sous nos pieds

 

on va écrabouiller ensemble

 

on va profiter de la petite route

 

on va pas se gêner

 

jamais on profite

 

on va chanter fort, le plus fort possible

 

on sera seuls et vides

 

on va se dire des choses, n’importe quoi

 

on peut parler sur la petite route

 

et si tu me trouves belle, c’est pas grave

 

les mots feront ce qu’ils veulent

 

les mots ne valent que pour ce qu’ils procurent

 

ça sent déjà la fin de tout ce qui nous lasse

 

on a presque gagné, puisqu’on se suit, puisqu’on va se suivre encore

 

c’est derrière le buisson qui a une drôle de forme

 

c’est juste là

 

on arrive au buisson

 

on y est

 

viens

 

les premiers habitants du monde sont arrivés par une petite route

 

Lecture au Lieu Multiple avec Cassan


10/04/2015

ÇA NE VA PAS DE SOI


27/01/2015

L'ARMOIRE en vidéo


24/01/2015

l'armoire

Je vais te livrer mon armoire. Toute mon armoire. Je vais te la déposer simplement devant chez toi, devant tes yeux, devant tes bras qui n’en finissent pas de tomber à cause de toutes les armoires que je dépose tous les jours, qui sont remplies, qui débordent, qui ont les portes béantes.

Je vais te la laisser l’armoire.

C’est encombrant, je sais.

C’est comme une petite maison.

Une petite maison perdue devant chez toi.

Où est ta mère armoire ? tu lui diras.

Mais les armoires ne répondent pas, elles ont juste des ventres.

Des ventres de boue et de vase,

Des ventres désobéissants.

Je n’en veux pas

Je n’en veux plus

Je ne garde pas ça

Débarrasse moi de l’armoire

Après je chante, promis je chante

Tu as les mains qui savent débarrasser

Fais moi le plaisir débarrassant

Fais ce que tu veux de l’armoire

Mets la au feu, en feu, écoute les flammes

Quand ça craque, ça fait jouir

Et quand ça fait jouir il n’y a plus rien à perdre.

Après je chante, promis je chante.

 

16/01/2015

MA POÉTIC PARTY

Bientôt un nouveau spectacle du TOTAL LOCAL POÉTIC CLUB rebaptisé MA POÉTIC PARTY. Le 19 MARS au théâtre du Périscope à Nîmes.




 

14/01/2015

le lac de boue

Je vais dans la boue. Je marche dans la boue. La boue s’accroche parce que c’est une matière épaisse, une matière qui tient bien, consistante. J’ai du mal à avancer, ça me demande un effort gros. Je me muscle en avançant. Je suis pleine de nouveaux muscles. Je fais la connaissance de mes nouveaux muscles. Ils sont comme de nouveaux amis. On marche ensemble. La boue est de plus en plus dense. On dirait de la colle. On dirait que je vais me figer. Mais les nouveaux muscles sont efficaces. Je sens bien qu’ils ne vont pas me lâcher d’une minute à l’autre. La boue ne m’aura pas, toute matière consistante qu’elle est. Je sifflote un air de conquête et je trace ma route à travers le lac de boue. Le lac de boue n’a pas de rive. Il a l’air immensément grand. Il est de cette couleur marron commune à tous les lacs de boue. Pas très belle. Je ne m’attarde pas au détail de la couleur, je sais que je vais devoir m’y habituer. Je continue de siffloter. Pour moi. Il n’y a personne d’autre dans ce lac de boue. Personne ne cherche à se faire de nouveaux muscles. C’est pourtant très satisfaisant. Rencontrer la matière. Apprivoiser la matière. La matière qui freine, qui empêche, qui salit. Me salir n’est pas un problème. J’apprivoise la boue. La boue devient ma boue. Ma boue à moi. Qui n’est pas si deguelasse que ça. Parce que c’est la mienne maintenant. C’est ma boue.

07/01/2015

JE DIS PRÉSENTE


PRÉSENTE

je suis présente, je le dis plusieurs fois, PRÉSENTE, PRÉSENTE, PRÉSENTE, comme ça je le sens bien, j’y suis bien, je ne me moque pas, je fais en sorte, je me fais l’appel, le rassemblement de tout moi ensemble, on est là, on se tient, on s’y tient, on a de quoi tenir longtemps, je sais l’importance, ne pas être ailleurs quand on est là c’est important, PRÉSENTE de toutes mes forces, PRÉSENTE à perdre haleine, PRÉSENTE  avec ma peau, avec mes organes, avec ma respiration qui fait le boulot à merveille, avec les habitants du crane, avec mon noir immense, avec ma langue pour le dire, PRÉSENTE, je grouille, j’abonde, je pullule, j’y suis, je suis dans le maintenant, dans le maintenant avec les autres, les autres présents qui veulent bien se donner la peine, je n’ai pas envie d’arrêter, arrêter ce serait moche, complètement banal, dans l’air du temps, je n’ai pas envie d’être dans l’air du temps, je veux être PRÉSENTE, je tiens le coup, je prends le temps entre mes dents et je serre, je suis tenace, ça ne fait de mal à personne, ce n’est rien d’autre que les secondes, et il y en a des tonnes, pas la peine de compter, crois moi, il y en a des tonnes

je serre fort.