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27.11.2007
OBEIR
Ça me lance. Ça me lance comme une plaie. Je sens ma vulve s’imbiber, se noyer dans son mouillis. Je croise les jambes et mes yeux se révulsent. La dictature du corps. C’est bien elle qui me lance. Obéir. Une douleur certaine embrasse mon cerveau, obéir, le prend en otage et l’inonde d’images obscènes. Ça y est. Je suis complice. Obéir. Je souris, comme chaque fois. Je prends place. Obéir. Un superbe diaporama défile alors sous mes paupières, ce qui m’oblige à frotter ma culotte suppliant que cela vienne vite car j’ai peu de temps aujourd’hui.
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LE SPECTACLE
Ils sont venus à deux. C’était la première fois. La première fois pour moi que je m’offrais à deux. J’en ai révé souvent, ne pensant pas le faire. Pas pour l’instant. Je pensais que je serais mal à l’aise, que je regretterais. Je n’ai rien eu à faire. Ils étaient généreux, devaient bien se connaître. J’ai pu les observer, les confondre, et puis fermer les yeux. Tant de pieds, tant de mains, tous ces doigts emmêlés ! Mais le plus surprenant fut le son de leurs voix. À deux, c’est un dialogue. À trois, c’est un spectacle.
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15.11.2007
SINON
Nous n’avions pas envie. Nos mains cherchaient nos sexes vaguement. L’amour débordait. Il endormait nos sens. Mais le corps résiste à l’accoutumance et réclame malgré lui. Un processus à déclencher et il devient le maître. À force de caresses, ma vulve s’est dépliée, défroissée plutôt. Elle a pris conscience d’elle-même et s’est mise à hurler. Elle me fait honte parfois à faire sa demandeuse. Elle transpire vite et se joue de moi. Je n’ai plus qu’à me raccorder à ses bénignes volontés. M’assurer qu’elle sera bien lapée puis prendre dans mon ventre ce membre qu’elle appelle, qu’elle supplie de frotter mes parois intérieures. Être d’accord aussi. Sinon, c’est raté. Sinon elle m’en voudra. Sinon je serais de mauvaise humeur.
17:20 Publié dans Erotik | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.11.2007
LA DERNIÈRE FOIS
J’ai trop peur de la mort pour ne faire l’amour qu’une seule fois par semaine. Et si la dernière fois, c’était la dernière fois de ma vie ? Quand j’y pense, j’ai envie de le faire tout de suite. Vite ! Vite ! Avant qu’il ne soit trop tard. Et de le refaire. En m’appliquant. De le faire « le mieux possible ». Il faut que ce soit beau et grand une dernière fois, comme un bouquet final de feu d’artifice. Un émerveillement. Qui dure. Avec l’odeur qui reste sous les ongles même si on se lave les mains. Qu’il y est une résonance jusqu’à la prochaine fois pour rester en permanence dans une humeur érotique. Plus j’y pense et plus je me dis qu’il y aura une dernière fois. Peut-être en serais-je consciente. Peut-être pas. Il faudrait toujours se dire que c’est la dernière fois. C’est vrai, un jour, ce sera la dernière fois. Je me demande jusqu’à quel âge fait-on l’amour. 70, 80, 90 ? Jusqu’à la fin ? Il faut absolument que je me renseigne. Il doit y avoir des études faites à ce sujet. Mais, tout de même, je suis persuadée que je l’ai déjà plus fait que je ne le ferais encore. Au mieux, je suis pile au milieu. Et ça me fait peur. Très peur.
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