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14/03/2010

PRINTEMPS DES POETES

La direction de l'action culturelle de la ville de Montpellier donne une carte blanche à NATYOT pour deux soirées de poésie contemporaine dans le cadre du Printemps des Poètes 2010. C'est la troisième année qu'elle proposera de nous transporter dans l'espace des mots, avec des auteurs qui projettent, exposent à nos oreilles leur recherche littéraire, leur poésie, leur langage.
LES ANORMALES de la poésie vous invitent à des lectures performées, univers décalés, concert de sons et de mots, deux soirées pour découvrir des artistes hors norme. Cette année encore du beau monde !
L'entrée est libre mais les places sont limitées. Pas de réservation. Venez un peu avant 21H.

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LA VILAINE

 

« J’ai rien fait ! J’ai rien fait ! » elle disait quand il lui mettait des allers-retours sur ses belles joues roses. On dit toujours qu’on n’a rien fait quand on a fait. Elle avait fait qu’il l’aimait comme un dégueulasse, comme un salopard. Voilà ce qu’elle avait fait. Le laisser tomber amoureux alors qu’elle, bof, pas plus. Les filles, elles font ça. Elles savent très bien comment on fait pour faire tomber amoureux. Martin, lui, il frappait aussi fort qu’il l’aimait maintenant. Et elle, elle disait « j’ai rien fait ! j’ai rien fait !  » sous les coups. Martin, ça l’empêchait pas de frapper, comme s’il lui faisait l’amour. Il la touchait, ça le soulageait. Il trouvait ça normal. Il était amoureux d’elle. Nathalie, elle s’appelait. Nathalie la Vilaine. Celle qui sait même pas les bonnes manières de l’amour, celle qui laisse tomber amoureux pour rien. Elle valait pas grand-chose, Nathalie. Elle était belle et toute pourrie en même temps. Enfin, maintenant qu’il l’avait bien amochée, elle était plus très belle. Elle devait se dire «  la prochaine fois, je ferais attention ». Elle devait se dire «  si je m’en sors ». Elle devait se dire « c’est moche l’Amour ». Mais pour l’instant, elle se protégeait avec ses petits bras en répétant « j’ai rien fait ! j’ai rien fait !  » en sachant très bien ce qu’elle avait fait. Quand Martin s’arrêta un peu, il se mit à regretter, à plus trop savoir où il en était, il embrassait les petits bras protecteurs et les morceaux de peau qu’il pouvait atteindre. Mais il lui sembla que c’était trop tard pour les baisers, alors il s’arrêta de tout. Il était tellement calme. Et Nathalie aussi.