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21/04/2010

L'HOMME EN GENERAL

Je ne sais pas donner dit l’homme en général.

Pourtant, il prend.

L’air qu’il respire par exemple, tant qu’il y en a, il prend.

Je dis ce n’est pas grave, pas de ta faute, et je me mords la lèvre ( inférieure ).

On ne t’a pas appris et c’est de pire en pire, on n’apprend plus ces choses saugrenues, ou bien c’est selon l’humeur ( jamais dans la constance ).

L’homme en général a peur malgré mon absolution spontanée.

Il a peur qu’on lui jette un sort.

Il ne se sent pas propre de ne pas donner, même s'il se lave tous les jours en frottant avec une petite brosse le dessous des ongles des pieds.

Mais ça ne suffit pas.

Non , ça ne suffit pas. La satisfaction est très furtive. A peine cinq minutes. Le temps de se rendre compte que ce n’est pas de cette propreté là dont il est question.

On peut confondre. C’est possible.

L’homme en général veut faire des efforts pour çà (donner).

Parce qu’on le lui demande souvent et qu’il aimerait correspondre,

et pour éviter le mauvais sort aussi.

Mais il ne sait pas comment s’y prendre.

Il regarde à la télé l’œuvre humanitaire en Afrique qui ne sert pas à grand chose, il se dit à quoi bon finalement donner toujours plus, mais il se le dit à l’intérieur parce qu’il a peur qu’on l’entende.

Et toutes ses peurs se réunissent dans un sac, un sac à peurs qu’il trimballe partout.

Avec toutes ses peurs, il ne fait rien, rien ne se passe.

L’immobilité est de mise.

A force de chercher des moyens efficaces de donner, l’homme en général se met à comprendre quelque chose.

Il regarde au loin en plissant les yeux parce qu’il est fier et ravi d’avoir touché un brin de vérité. Il se sent extrêmement vivant et fort et humaniste aussi. Il dit à voix haute cette fois, pour que tout le monde l’entende : donner c’est ne rien attendre en retour.

Et il le croit.

C’est un homme en général.

12/04/2010

FAUDRAIT QUE JE

 

J’ai mis ma veste et puis je l'ai enlevée

Je ne me suis pas trouvée belle

dans mes décombres intérieurs je ne me suis pas trouvée belle

je me suis dit faudrait que je

et puis j’ai mis du rouge à lèvres

avec du rouge à lèvres je dis facilement je t'aime

ça glisse bien beaucoup mieux

je sors le je / le t'ai / le me

je/ t'ai/ me  je le dis sans forcer

j’ouvre juste bouche grande et ça glisse sur le rouge à lèvres

bien beaucoup mieux

je vais partout prendre l'air quand je ne me suis pas trouvée belle

je fais le tour de la ville

la rue de la république la place de la révolution

le carrefour des Halles le quartier haut et le bas

toute la ville en rouge à lèvres

les je t'aimes partent tout seul comme des rots de limonade

je mitraille

les rots-mots s'adressent ( ça me plait d'adresser )

les rots-mots se tortillent dans tous les sens comme mes doigts pareil

pressés d'être pressés pressés d'être

et ça fuse

ça prend le vent ça s'étale

devant le nez des gens

qui respirent les je t'aimes comme des traits de coc

dileuse bénévole

avec du rouge à lèvres

ce qu'il y a c'est drôle ce qu'il y a c’est drôle

c'est que je crache entre deux je t'aimes

je me dis : c'est idiot c'est sale

les rots-mots et cracher c’est sale

mais je ne peux pas s'en empêcher

JE-NE-PEUX-PAS-M’EN-EMPECHER je dis chaque fois

je mets ma veste / enlève ma veste / rouge à lèvres / tour de ville / rote / crache /

et répète :

faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je

 

faudrait que je quoi ?