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27/01/2015

L'ARMOIRE en vidéo


24/01/2015

l'armoire

Je vais te livrer mon armoire. Toute mon armoire. Je vais te la déposer simplement devant chez toi, devant tes yeux, devant tes bras qui n’en finissent pas de tomber à cause de toutes les armoires que je dépose tous les jours, qui sont remplies, qui débordent, qui ont les portes béantes.

Je vais te la laisser l’armoire.

C’est encombrant, je sais.

C’est comme une petite maison.

Une petite maison perdue devant chez toi.

Où est ta mère armoire ? tu lui diras.

Mais les armoires ne répondent pas, elles ont juste des ventres.

Des ventres de boue et de vase,

Des ventres désobéissants.

Je n’en veux pas

Je n’en veux plus

Je ne garde pas ça

Débarrasse moi de l’armoire

Après je chante, promis je chante

Tu as les mains qui savent débarrasser

Fais moi le plaisir débarrassant

Fais ce que tu veux de l’armoire

Mets la au feu, en feu, écoute les flammes

Quand ça craque, ça fait jouir

Et quand ça fait jouir il n’y a plus rien à perdre.

Après je chante, promis je chante.

 

16/01/2015

MA POÉTIC PARTY

Bientôt un nouveau spectacle du TOTAL LOCAL POÉTIC CLUB rebaptisé MA POÉTIC PARTY. Le 19 MARS au théâtre du Périscope à Nîmes.




 

14/01/2015

le lac de boue

Je vais dans la boue. Je marche dans la boue. La boue s’accroche parce que c’est une matière épaisse, une matière qui tient bien, consistante. J’ai du mal à avancer, ça me demande un effort gros. Je me muscle en avançant. Je suis pleine de nouveaux muscles. Je fais la connaissance de mes nouveaux muscles. Ils sont comme de nouveaux amis. On marche ensemble. La boue est de plus en plus dense. On dirait de la colle. On dirait que je vais me figer. Mais les nouveaux muscles sont efficaces. Je sens bien qu’ils ne vont pas me lâcher d’une minute à l’autre. La boue ne m’aura pas, toute matière consistante qu’elle est. Je sifflote un air de conquête et je trace ma route à travers le lac de boue. Le lac de boue n’a pas de rive. Il a l’air immensément grand. Il est de cette couleur marron commune à tous les lacs de boue. Pas très belle. Je ne m’attarde pas au détail de la couleur, je sais que je vais devoir m’y habituer. Je continue de siffloter. Pour moi. Il n’y a personne d’autre dans ce lac de boue. Personne ne cherche à se faire de nouveaux muscles. C’est pourtant très satisfaisant. Rencontrer la matière. Apprivoiser la matière. La matière qui freine, qui empêche, qui salit. Me salir n’est pas un problème. J’apprivoise la boue. La boue devient ma boue. Ma boue à moi. Qui n’est pas si deguelasse que ça. Parce que c’est la mienne maintenant. C’est ma boue.

07/01/2015

JE DIS PRÉSENTE


PRÉSENTE

je suis présente, je le dis plusieurs fois, PRÉSENTE, PRÉSENTE, PRÉSENTE, comme ça je le sens bien, j’y suis bien, je ne me moque pas, je fais en sorte, je me fais l’appel, le rassemblement de tout moi ensemble, on est là, on se tient, on s’y tient, on a de quoi tenir longtemps, je sais l’importance, ne pas être ailleurs quand on est là c’est important, PRÉSENTE de toutes mes forces, PRÉSENTE à perdre haleine, PRÉSENTE  avec ma peau, avec mes organes, avec ma respiration qui fait le boulot à merveille, avec les habitants du crane, avec mon noir immense, avec ma langue pour le dire, PRÉSENTE, je grouille, j’abonde, je pullule, j’y suis, je suis dans le maintenant, dans le maintenant avec les autres, les autres présents qui veulent bien se donner la peine, je n’ai pas envie d’arrêter, arrêter ce serait moche, complètement banal, dans l’air du temps, je n’ai pas envie d’être dans l’air du temps, je veux être PRÉSENTE, je tiens le coup, je prends le temps entre mes dents et je serre, je suis tenace, ça ne fait de mal à personne, ce n’est rien d’autre que les secondes, et il y en a des tonnes, pas la peine de compter, crois moi, il y en a des tonnes

je serre fort.