24.01.2008

TOUT LUI RENDRE

Ça n’a pas tenu longtemps avec lui. Pas tenu le coup. Un mauvais coup. Un coup de poing. Dans le bide. Un express dans le ventre.
On s’est rué. L’un dans l’autre. On s’est tout bouffé. Tout vomi après. Trop bouffé. Trop vomi. Trop longtemps.
Le temps, il s’enfout des coups et des vomis. De mon ventre en général, il s’enfout. Le temps passe, mate ce qui se passe, et se tire. À fond la caisse, il se tire. Comme un express. Un coup de poing dans le bide.
La baise, elle, elle s’endort. Elle te donne à bouffer et elle s’endort. « C’est pas ma faute si tu vomis », elle dit, avant de s’endormir. Alors ça me donne encore plus envie de vomir. Vomir du foutre. Celui du mauvais coup dans le bide. Tout vomir, tout lui rendre à la baise et merci au revoir.

13.01.2008

UNE VACHE

Quand j’ai envie, j’ai envie. Mais vraiment envie. Envie-envie. Une envie perturbante qui ne me quitte pas si je ne fais pas la chose. Je ne peux rien faire d’autre que de penser à faire la chose. Je suis une vache. Une vache qui brille. Une vache étincelante. Je sens l’air entrer dans mes narines. Sauvage. Je sens que la chose va être belle parce que c’est une envie-envie et que je ne peux plus rien faire d’autre que de faire la chose.

10.12.2007

IL N'Y AVAIT RIEN A DIRE

Il n’y avait rien à dire, il m’empoignait merveilleusement. Hagarde ou égarée, je laissais toujours échapper un rire de contentement, à un moment donné. Sa tige était une œuvre d’art et mieux encore, même sale, elle sentait bon. Les épices ou quelque chose comme ça. Une odeur soutenue en tout cas, qu’il me plaisait de humer en toute occasion. Pour me hérisser les poils, irriguer mon anus, lisser mon animal. Je n’étais pas à la hauteur de sa classe sexuelle toute en technique apprivoisée, mais ma chaleur équatoriale semblait plaire au professionnel. J’écartais sans détour le moindre de mes orifices (et quand je dis « écartais », je pèse mes mots), lui proposant toujours un embarras du choix avec lequel il jonglait sans faille. Il me plaisait, il n’y avait rien à dire. Le moment venu pour lui d’expulser, j’aimais voir son sourire ironique, qui le plaçait loin du partage et le rendait si beau. Sa supériorité écrasait ma colère. Je recevais le foutre comme une récompense que je m’appliquais à répandre sur chaque parcelle de ma peau. Mais je ne disais rien, il n’y avait rien à dire.

27.11.2007

OBEIR

Ça me lance. Ça me lance comme une plaie. Je sens ma vulve s’imbiber, se noyer dans son mouillis. Je croise les jambes et mes yeux se révulsent. La dictature du corps. C’est bien elle qui me lance. Obéir. Une douleur certaine embrasse mon cerveau, obéir, le prend en otage et l’inonde d’images obscènes. Ça y est. Je suis complice. Obéir. Je souris, comme chaque fois. Je prends place. Obéir. Un superbe diaporama défile alors sous mes paupières, ce qui m’oblige à frotter ma culotte suppliant que cela vienne vite car j’ai peu de temps aujourd’hui.

LE SPECTACLE

Ils sont venus à deux. C’était la première fois. La première fois pour moi que je m’offrais à deux. J’en ai révé souvent, ne pensant pas le faire. Pas pour l’instant. Je pensais que je serais mal à l’aise, que je regretterais. Je n’ai rien eu à faire. Ils étaient généreux, devaient bien se connaître. J’ai pu les observer, les confondre, et puis fermer les yeux. Tant de pieds, tant de mains, tous ces doigts emmêlés ! Mais le plus surprenant fut le son de leurs voix. À deux, c’est un dialogue. À trois, c’est un spectacle.

15.11.2007

SINON

Nous n’avions pas envie. Nos mains cherchaient nos sexes vaguement. L’amour débordait. Il endormait nos sens. Mais le corps résiste à l’accoutumance et réclame malgré lui. Un processus à déclencher et il devient le maître. À force de caresses, ma vulve s’est dépliée, défroissée plutôt. Elle a pris conscience d’elle-même et s’est mise à hurler. Elle me fait honte parfois à faire sa demandeuse. Elle transpire vite et se joue de moi. Je n’ai plus qu’à me raccorder à ses bénignes volontés. M’assurer qu’elle sera bien lapée puis prendre dans mon ventre ce membre qu’elle appelle, qu’elle supplie de frotter mes parois intérieures. Être d’accord aussi. Sinon, c’est raté. Sinon elle m’en voudra. Sinon je serais de mauvaise humeur.

13.11.2007

LA DERNIÈRE FOIS

J’ai trop peur de la mort pour ne faire l’amour qu’une seule fois par semaine. Et si la dernière fois, c’était la dernière fois de ma vie ? Quand j’y pense, j’ai envie de le faire tout de suite. Vite ! Vite ! Avant qu’il ne soit trop tard. Et de le refaire. En m’appliquant. De le faire « le mieux possible ». Il faut que ce soit beau et grand une dernière fois, comme un bouquet final de feu d’artifice. Un émerveillement. Qui dure. Avec l’odeur qui reste sous les ongles même si on se lave les mains. Qu’il y est une résonance jusqu’à la prochaine fois pour rester en permanence dans une humeur érotique. Plus j’y pense et plus je me dis qu’il y aura une dernière fois. Peut-être en serais-je consciente. Peut-être pas. Il faudrait toujours se dire que c’est la dernière fois. C’est vrai, un jour, ce sera la dernière fois. Je me demande jusqu’à quel âge fait-on l’amour. 70, 80, 90 ? Jusqu’à la fin ? Il faut absolument que je me renseigne. Il doit y avoir des études faites à ce sujet. Mais, tout de même, je suis persuadée que je l’ai déjà plus fait que je ne le ferais encore. Au mieux, je suis pile au milieu. Et ça me fait peur. Très peur.

21.10.2007

LES MOTS

Nous avions huit et dix ans. Tu me disais souvent « Vien, je vais t’enculer ! ». Tu ne connaissais pas le sens de ce mot, mais il te semblait bien que ton zizi, lui, en avait une certaine idée ( puisqu’il était tout dur quand tu le disais ). Tu ne m’as jamais enculé. Tu ignorais totalement comment il fallait s’y prendre, ou était l’entrée et quel intérêt il y avait à le faire. C’était de dire « Je vais t’enculer » qui te plaisait. Cela te conduisait inévitablement à mouiller ton pantalon et à découvrir que les mots, parfois, suffisent.
Je vais t’enculer.
Je vais t’enculer.
Je vais t’enculer…

18.10.2007

C'EST REPARTI !!!!

AUTOPSIE

J’ai des petits bourrelets en haut des cuisses, nichés dans l’aine, un petit peu plus flasques que le reste de la jambe, qui se balancent quand je marche et se collent lorsque je mouille de trop.
J’ai un sein mieux développé que l’autre en matière de réaction au plaisir. Il suffit d’effleurer l’un quand l’autre nécessite un titillement plus intensif, voire une succion.
J’ai des lèvres foncées, plutôt marrons que roses, ce qui me gênait beaucoup plus jeune et je trouve d’ailleurs qu’elles continuent à s’assombrir avec l’age.
J’ai un anus capricieux qui aime la salive en abondance et ne me donne pas toujours satisfaction. Sa connection cérébrale est très hasardeuse. Je m’en plains souvent.
Voici quelques détails. Je fonctionne comme toutes les femmes. Avec beaucoup d’amour, on obtient tout de moi.

17.08.2007

En transit

Il me prend. Il m’active. Dans ma cage, captive, j’ignore tout encore. Je questionne, mais il n’en est pas là. L’heure est au bouillonnement, mare aux contemplations où flottent nos souillures. Mon ventre le réclame, je ne peux le faire taire. Je me propose, je quémande. Je ne tiens plus en place. Un bâton, une audace, tout peut me satisfaire. Qu’il me prive me torture et je crie mon désir. Enfonce tout de toi et calme ma débâcle. Si je perds connaissance, tu en seras coupable. Et je perds connaissance quand il entre et dévaste, puisque rien n’a plus d’importance à présent.

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