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09/07/2012

la marche

J’ai marché. Je suis allée loin. J’avais la tête bien. Bien tranquille. Les feuillages parfois m’effleuraient et l’odeur des feuillages restait sur moi. Mes jambes étaient longues. Elles s’allongeaient pour m’aider à marcher. Je ne leur avais rien demandées. Un chemin et voilà, rien de plus. Hop, j’ai pris le chemin. Longtemps, j’ai pris le chemin. Les chemins ne s’arrêtent jamais. Il y a toujours un autre chemin pour continuer le chemin qu’on a pris. Alors, c’est sans fin. Si tu veux marcher, il n’y a pas de fin. C’est un gouffre de marche, un gouffre de temps. Toute la vie ne suffit pas pour marcher sur tous les chemins. Le temps va manquer. On s’habitue à cette idée. Les feuillages font oublier le temps. Ils se frottent et j’accepte sans ciller leur caresse, leur odeur. Même si je suis griffée, la marque disparaîtra. La marque du feuillage est provisoire. Elle est là pour dire qu’on a croisé le feuillage, qu’il y a eu un contact à un moment donné. J’ai marché par curiosité. Pour savoir où ma curiosité s’arrêterait. Dans les collines, elle était toujours là. Les collines n’ont pas stoppé la marche. Je suis restée curieuse dans les collines. Elles étaient l’environnement. Et je n’ai pas cessé d’avancer dans l’environnement. Sans pause. Je n’étais pas là pour évaluer le chemin parcouru. Pas de comptabilité dans les collines. Les jambes s’allongeaient de plus en plus. Il n’y avait pas d’endroit mieux qu’un autre. Tous se valaient. Je ne voulais pas avoir de préférence. Je ne voulais pas voir la mer. Ça ne me faisait rien que ça change. L’importance était dans la marche. Le chemin répondait à mes pas. Cailloux. Pas cailloux. Herbe. Goudron. Avec les oiseaux qui ne me quittaient pas des yeux. Je n’ai pas regardé en l’air mais je sais comment se comporte un oiseau. Il ne vole pas pour rien. Il observe en permanence. Il apprend à nous connaître. Il s’étonne de nous, s’offusque de nous, il ne nous quitte pas des yeux. Lui aussi va manquer de temps pour tout savoir sur nous. Il n’est pas très rapide pour la compréhension de l’homme. Il met son énergie dans le vol et ça le pénalise pour la réflexion. Le chemin, les oiseaux, la tête tranquille, j’arrivais à souffler régulièrement. Prendre le temps de l’inspire et tout sortir, tout cracher sur le chemin, en laissant des flaques derrière moi. Des micro flaques acides. Non, je ne me suis pas échappée, ce n’est pas vrai. Je n’ai pas fait ça. J’ai attrapé le chemin qui venait, hop, et j’ai marché en essayant de prolonger le chemin. Le prolongement le plus long, sans rien attendre de lui, faire qu’il y ait du plaisir sans attente, du plaisir prolongé, par lui-même, pour lui-même dans les collines qui s’étendent à perte de vue.

18/05/2012

mégaphone !

Prise dans l'Armée noire, il n'a pas fallu se dégonfler...

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Les mots

Il faut racler la gorge avant d’y aller. Tu te présentes raclé. Tu racles en poussant avec le souffle. Tu essayes de le faire quand il y a du bruit autour pour éviter d’irriter ceux qui n’aiment pas les raclements. Tu te rapproches plutôt de ceux qui les aiment. Quand tu t’es bien raclé, que t’as mal au fond tellement t’as plus rien, nu de la gorge en feu, tu te présentes. Personne ne saura toutes les palpitations que tu as à l’intérieur, les palpitations d’être nu raclé à fond parce que personne ne se racle aussi bien que toi.

Raclé tu prononces bien, tu le sais que c’est beau ce que tu dis, que ce sont les bonnes choses, les choses exactes, celles qu’on ne dit pas tous les jours, c’est pas du tout venant ce que tu dis là. Alors les couleurs viennent dans les yeux des gens qui t’écoutent et même dans les yeux de ceux qui ne t’écoutent pas. Y’a de l’attention après un tel raclement, parce qu’on voit bien que tu es venu sans déchets, que tu as pris soin de te présenter bien raclé nu à fond, et ça les mets par terre que t’envoies la sauce, la pure sauce, la pure purée. Tout le monde prend ton état de transparence en pleine figure. Ta raclure est tellement visible. Une belle raclure qui s’offre. Et quand tu t’es offert tout entier, avec la plus grande limpidité qu’il soit, t’as plus qu’à t’accrocher à toi même, à t’agripper à ton toi, t’y clouer et attendre que les premières pierres soient jetées. Attendre le renversement, la bascule des couleurs, avec le sifflement des plaintes, les trompes du mécontentement, la grande cabriole qui te tombe dessus. Parce qu’ils n’en veulent pas de ta présence limpide à les provoquer. Ça leur crève les oreilles tout ce que tu dis de si prêt du but, en avançant dans leurs ventres pas préparés du tout. L’organigramme n’est pas prédisposé à se faire rentrer dedans de la sorte avec la justesse que tu as. Ça ne leur plait pas, en fait. L’image oui mais pas les mots. Les mots c’est trop.

19/03/2012

Mes bonhommes en live !

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ÇA VA PETER DE PARTOUT

 

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Ils : ont pas compris.

 

Ils : croient encore.

 

Peut être d’avantage. D’autres choses. D’autres formes.

 

S’ancrent dans leurs ventres d’autres convictions.

 

Parce qu’on ne peut pas sans.

 

Ce n’est pas acceptable sans.

 

Pas de laisse ni de fouet sans.

 

Les yeux sont clos. Les oreilles en métal.

 

Je ne dis rien. Je sais que ça va péter de partout.

 

Avec le fer dans la bouche aussi. Ce n’est pas possible autrement.

 

Ça va pas faire rire comment ils : vont être surpris.

 

Sur le cul, je dirais. Tous sur le cul.

 

Et leurs ventres, je vois ça d’ici, ne pourront plus s’agripper.

 

Ça va glisser des mains du ventre.

 

Ils : mettront les poings sur les hanches en soufflant.

 

« C’est quoi cette histoire que ça pète de partout ? » ils : diront.

 

C’est leur histoire. Celle de tous nous qui craque.

 

Un sac de plume explosé dans les airs.


16/01/2012

Dans la Chapelle du quartier haut à Sète.

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05/01/2012

INTERDIT

On n’a pas vraiment le droit. Enfin, c’est interdit je veux dire. On le fait quand même parce qu’on est plein à le faire. Toujours à plusieurs, c’est plus facile. Sinon moi toute seule, je ne le ferais pas. Avec les autres autour qui regardent et qui ne le font pas. Non, ce ne serait pas possible. Alors que si tout le monde le fait, je n’ai pas peur. Pas peur du tout. On se sent protégés. C’est drôle mais c’est comme ça. Je dis drôle mais c’est plutôt bizarre en fait. En tout cas, je me sens bien de le faire. Un peu aventurière, rebelle tu vois. La peur se transforme en audace. C’est très agréable comme sensation. Le détournement de la peur. De toutes façons, on ne risque rien. On est trop à le faire. Ils ne pourraient pas tous nous arrêter. Tu te rends compte ? Y’aurait pas assez de place, ni dans les fourgons ni dans les commissariats. On est vraiment trop. A moins qu’ils en prennent un ou deux au hasard. Il paraît qu’ils le font. Mais moi, j’ai toujours de la chance. Le hasard, c’est jamais pour moi. Même pour les bons trucs alors. Y’en a pour qui c’est le contraire. Ça leur tombe toujours dessus. Des qui chopent toutes les emmerdes. Mais moi, je passe entre les mailles comme on dit. Une anguille moi. Bon, on le refait une dernière fois et puis on s'arrête. Faut faire attention quand même. Si on le fait trop, on peut devenir fou. Si, si. Il paraît. Complètement fou avec. J’en suis pas encore là mais parfois je sens des flèches, tu sais des flèches qui me traversent partout. Ça t’arrive à toi aussi j’imagine. Enfin, une dernière pour aujourd’hui. Vas-y commence, je te suis !

14/11/2011

LE TEMPS LU


podcast

03/11/2011

Lecture à Il Barone à Marseille

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24/10/2011

la ville

Je vais traverser la rue. Je ne sais pas si ma tête à un pivotement assez rapide gauche droite pour me permettre d’obtenir la certitude d’une sécurité absolue. Je balance, je balance dans la crainte, et ce balancement me berce à tel point que l’idée de traverser se dissipe. Je compte les voitures comme des moutons, je m’endors presque. Je ne sais même plus pourquoi je dois me rendre de l’autre coté de la rue. Je pense à une multitude de choses en restant planté sur le trottoir, l’air hagard. Je pense à la pollution qui s’accumule sur mes vêtements, sur mes cheveux et j’ai envie d’un bain chaud, moussant. Je pense à la mousse qui est un élément caricatural de la jovialité. Champagne, sous bois, dessert léger à la framboise, lavage de voiture le dimanche les mains dans le seau et autres sensations mouillées. Je pense que j’arrête le temps même si je suis peut être en retard, parce que le flux de la vie citadine me l’impose. Temps morts réguliers. Je stagne encore un peu sur le trottoir, adossée à un platane, cet arbre des villes qui comble pleinement mon désir de nature. Je pense qu’on ne s’accoude pas assez souvent aux arbres des villes si ce n’est pour vomir ou uriner mais guère pour réfléchir, réfléchir à la ville, son groupe sanguin, sa dimension cardiaque et à tout ce temps qu’elle nous laisse quand on hésite à traverser la rue.

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06/10/2011

je n'ai jamais été mais il est encore temps

 

 

 

 

 

 

Je n’ai jamais été farouche mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été maudite mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été amère mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été défunte mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été potiche mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été Amish mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été célèbre mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été adulée mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été sous les bombes mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été sur les nerfs mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été SDF mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été VIP mais il est encore temps

 

 

 

Je n’ai jamais été droguée mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été obèse mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été handicapée mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été imposable mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été sous pression mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été sûre de moi mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été clonée mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été otage mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été mariée mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été violée mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été mère porteuse mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été chef de bande mais il est encore temps

 

 

 

Je n’ai jamais été dans le Gers mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été à Las Végas mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été camionneuse mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été bouc émissaire mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été maire d’un petit village mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été collectionneuse de souvenirs mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été je m’enfoutiste mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été pentecôtiste mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été dans un casino Partouche mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été dans mon assiette mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été végétarienne mais il est encore temps

 

Je n’ai jamais été si près du but mais il est encore temps

 

 

 

Je n’ai pas fini d’être.

 

23/05/2011

comédie du livre

Je dédicacerai mon nouveau recueil D.I.R.E pour la Comédie du Livre le dimanche 29 Mai à partir de 11H sur le stand de Sauramps. Ceux qui n'ont pas de mère à fêter, venez me retrouver !

18/05/2011

le congélateur

mon grand père est mort maintenant

et l'héritage me direz-vous ça s'est bien passé ?

la vie se brise

brisures de vie que je fais sortir du trou de mon visage

celui qui a des mâchoires

en parler mettre dehors ça fait la langue qui cuit à dire les choses comme elles sont

des aiguilles dans les joues qui se plantent fort

papa dit ça sert à rien d'y penser sans cesse de faire la rengaine

à rien ça sert

pourtant c'était son père

je ferme le trou de mon visage pour arrêter le son et c'est le grand coup de froid à l'intérieur

je glace

deviens tout en cristal à force de pas mettre dehors

enfoncement de neige dans ma gorge

des picotis qui interdisent

le bâillon pareil

à perdre haleine

le seul moyen c'est de dire les brisures dans ma tête y'a que moi qui les entend ça se voit pas alors ça va pour papa il croit que c'est fini pour moi que je suis passé à autre chose la mort de grand père on va pas en faire un fromage ça arrive à tout le monde de mourir on va tous y passer un jour alors bon

sauf que je suis un congélateur maintenant

un modèle haut de gamme

 

l'héritage c'était de la gnognote des rien du tout ou presque

et pour le presque ils se sont réunis (les enfants)

ils ont discutés calmement (les enfants)

ils avaient tous les yeux brillants (les enfants)

 

et apparemment ça s'est bien passé

11/05/2011

Un livre-cd

Voilà, il est sorti, en tout cas, il commence à être trouvable dans les librairies, sinon demandez le. Je peux vous en envoyer un exemplaire dédicacé contre un chèque de 10 euros à mon nom et mon adresse : nathalie Yot 34 Bd Renouvier 34000 Montpellier.

Je ferai une lecture pour le présenter le Mardi 31 Mai à l'Episode ( 25 rue Hippolyte à Montpellier ). Ce sera un apéro lecture avec assiettes de tapas dans le jardin...

16/04/2011

Lecture à la Seyne sur Mer avec Cécile Richard et Julien Blaine

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04/04/2011

D.I.R.E est prêt !

Sortie de mon nouveau recueil de poésie (livre-cd avec lecture de textes accompagnée par Denis cassan) à la fin du mois. Le livre est prêt, on attend le pressage du cd...

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natyot et denis cassan

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02/04/2011

Atelier d'écriture

Ils ont froid toujours. Ils le disent à chaque fois et gardent leur manteau pendant les deux heures. Aucun jamais n’aura enlevé son manteau, ni son écharpe ni rien. Ils restent comme ça, engoncés dans leur réveil difficile. Parfois, ils ne se réveillent pas. J’ouvre les stores pour laisser le soleil les réchauffer.

Au début, les corps, les yeux vont et viennent entre eux mais ne me regardent pas. Je ne sais pas ce que cela veut dire. Des histoires circulent sur leur stage, le menu à la cantine, la télé du lycée, ils papotent.

Quand je lis mon premier texte, je vois les manteaux se figeaient, ils se taisent et les yeux sont sur moi.

Alors les premiers jeux d’écriture commencent. J’insiste sur la poésie, je raconte la poésie, ce que c’est de nos jours, la liberté que c’est. Mais ils ont du mal à s’évader d’eux. Ca tombe bien, le thème de l’atelier est l’écriture du moi !  Et on y va, on va chercher à l’intérieur, on nettoie là-dedans, ça sort en geyser, ils écrivent à toute allure. Presque tous finissent très vite et ne retouchent rien. Ce sera dur de les faire revenir sur leurs textes.

Je m’applique avec ceux qui n’y croient pas.  Si ! Si ! Tu sais quoi dire ! Tu dis comme tu veux, avec tes fautes et tes mots à toi. L’inconscient fera le reste, je le sais. Ensemble, on vacille entre la haine et l’amour (beaucoup l’amour). Ils se font à cette manière spontanée de dire ce qu’ils sont. Et je vois leur envie d’exprimer tout, tout de suite. Pas besoin de les pousser pour dire leur mère battue, leur sœur morte, leur homosexualité et tous ces désirs d’être ailleurs ou quelqu’un d’autre. En quelques lignes, ils ont tout lâché. Peut être pour en finir avec la torture de l’écriture.

Et là, je perds pied. J’ai le tract de les orienter, canaliser leur ardeur et approfondir leur pensée. J’essaye d’autres ouvertures, ils soufflent, ne veulent plus. Surtout ces filles de Mayotte qui ne savent presque pas écrire, parlent très mal le français. Mayotte n’est-ce pas un territoire français ? Avec elles, je trime, je plonge, j’y vais dans leur caboche, je ne peux pas les laisser comme ça à gonfler les joues et jeter leur stylo en regardant le rien du dehors les remplir. J’apprends qu’on peut toujours presser le jus, même trois gouttes me suffisent. Puis la poésie s’instaure à leur insu et la fierté est vite là. On y est arrivé.

Ensuite, il faut lire. Pour le partage et pour l’écoute de l’autre. Ils m’ont vu le faire et ils le font. C’est le seul moment où je veux le silence. Respect.

On écoute, on ne juge pas, on rigole ensemble, on applaudit, on dit toujours c’est bien. Camille met des plus.

Quand ça sonne, ils s’en vont. Juste ils partent, ça prend deux secondes puisqu’ils sont déjà habillés et que tout est déjà rangé dans leur cartable depuis cinq minutes. Je reste souvent seule dans la classe avec Camille qui me dit qu’il faut y aller, il y a un cours après, mais moi, je n’ai rien rangé, je suis en descente, je voudrais parler de ce qui vient de se passer. Tout le monde a déjà rejoint une autre classe. Je rejoins ma voiture. 

30/01/2011

Ca devrait être possible.

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22/01/2011

LE PARTAGE

On s’est tout bien partagé. Sans émotion, avec méthode et équité. J’ai fait une liste dans mon carnet. J’aime faire des listes, ça m’organise. J’ai pris le buffet bas du salon, le lampadaire imitation cristal, les trois tableaux de l’entrée, l’un représentant le Ponte Vecchio, le deuxième un enfant seul dans une rue sombre, et le troisième des coquelicots . J’ai pris le tapis du couloir dans lequel elle trébuchait tout le temps, la commode 70 de la chambre d’amis ainsi que les tables de chevet assorties, la vitrine à bibelots sans les bibelots, le secrétaire qui contenait toute la comptabilité de quand on avait la droguerie, le fauteuil de sa chambre, des couvertures, des draps en 90, sa robe flamenco, quelques cadres avec des photos de nous, les plantes pour ne pas les laisser crever, de la vaisselle mais peu, le micro-onde, la friteuse, la petite télé de la cuisine et son vélo d’appartement. Ma sœur a pris le reste. Emmaüs est passé. Papa habite en Angleterre.