Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

22/01/2011

des phrases et des bonhommes

21/04/2010

L'HOMME EN GENERAL

Je ne sais pas donner dit l’homme en général.

Pourtant, il prend.

L’air qu’il respire par exemple, tant qu’il y en a, il prend.

Je dis ce n’est pas grave, pas de ta faute, et je me mords la lèvre ( inférieure ).

On ne t’a pas appris et c’est de pire en pire, on n’apprend plus ces choses saugrenues, ou bien c’est selon l’humeur ( jamais dans la constance ).

L’homme en général a peur malgré mon absolution spontanée.

Il a peur qu’on lui jette un sort.

Il ne se sent pas propre de ne pas donner, même s'il se lave tous les jours en frottant avec une petite brosse le dessous des ongles des pieds.

Mais ça ne suffit pas.

Non , ça ne suffit pas. La satisfaction est très furtive. A peine cinq minutes. Le temps de se rendre compte que ce n’est pas de cette propreté là dont il est question.

On peut confondre. C’est possible.

L’homme en général veut faire des efforts pour çà (donner).

Parce qu’on le lui demande souvent et qu’il aimerait correspondre,

et pour éviter le mauvais sort aussi.

Mais il ne sait pas comment s’y prendre.

Il regarde à la télé l’œuvre humanitaire en Afrique qui ne sert pas à grand chose, il se dit à quoi bon finalement donner toujours plus, mais il se le dit à l’intérieur parce qu’il a peur qu’on l’entende.

Et toutes ses peurs se réunissent dans un sac, un sac à peurs qu’il trimballe partout.

Avec toutes ses peurs, il ne fait rien, rien ne se passe.

L’immobilité est de mise.

A force de chercher des moyens efficaces de donner, l’homme en général se met à comprendre quelque chose.

Il regarde au loin en plissant les yeux parce qu’il est fier et ravi d’avoir touché un brin de vérité. Il se sent extrêmement vivant et fort et humaniste aussi. Il dit à voix haute cette fois, pour que tout le monde l’entende : donner c’est ne rien attendre en retour.

Et il le croit.

C’est un homme en général.

12/04/2010

FAUDRAIT QUE JE

 

J’ai mis ma veste et puis je l'ai enlevée

Je ne me suis pas trouvée belle

dans mes décombres intérieurs je ne me suis pas trouvée belle

je me suis dit faudrait que je

et puis j’ai mis du rouge à lèvres

avec du rouge à lèvres je dis facilement je t'aime

ça glisse bien beaucoup mieux

je sors le je / le t'ai / le me

je/ t'ai/ me  je le dis sans forcer

j’ouvre juste bouche grande et ça glisse sur le rouge à lèvres

bien beaucoup mieux

je vais partout prendre l'air quand je ne me suis pas trouvée belle

je fais le tour de la ville

la rue de la république la place de la révolution

le carrefour des Halles le quartier haut et le bas

toute la ville en rouge à lèvres

les je t'aimes partent tout seul comme des rots de limonade

je mitraille

les rots-mots s'adressent ( ça me plait d'adresser )

les rots-mots se tortillent dans tous les sens comme mes doigts pareil

pressés d'être pressés pressés d'être

et ça fuse

ça prend le vent ça s'étale

devant le nez des gens

qui respirent les je t'aimes comme des traits de coc

dileuse bénévole

avec du rouge à lèvres

ce qu'il y a c'est drôle ce qu'il y a c’est drôle

c'est que je crache entre deux je t'aimes

je me dis : c'est idiot c'est sale

les rots-mots et cracher c’est sale

mais je ne peux pas s'en empêcher

JE-NE-PEUX-PAS-M’EN-EMPECHER je dis chaque fois

je mets ma veste / enlève ma veste / rouge à lèvres / tour de ville / rote / crache /

et répète :

faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je faudrait que je

 

faudrait que je quoi ?

14/03/2010

PRINTEMPS DES POETES

La direction de l'action culturelle de la ville de Montpellier donne une carte blanche à NATYOT pour deux soirées de poésie contemporaine dans le cadre du Printemps des Poètes 2010. C'est la troisième année qu'elle proposera de nous transporter dans l'espace des mots, avec des auteurs qui projettent, exposent à nos oreilles leur recherche littéraire, leur poésie, leur langage.
LES ANORMALES de la poésie vous invitent à des lectures performées, univers décalés, concert de sons et de mots, deux soirées pour découvrir des artistes hors norme. Cette année encore du beau monde !
L'entrée est libre mais les places sont limitées. Pas de réservation. Venez un peu avant 21H.

tract-PP2010.gif

LA VILAINE

 

« J’ai rien fait ! J’ai rien fait ! » elle disait quand il lui mettait des allers-retours sur ses belles joues roses. On dit toujours qu’on n’a rien fait quand on a fait. Elle avait fait qu’il l’aimait comme un dégueulasse, comme un salopard. Voilà ce qu’elle avait fait. Le laisser tomber amoureux alors qu’elle, bof, pas plus. Les filles, elles font ça. Elles savent très bien comment on fait pour faire tomber amoureux. Martin, lui, il frappait aussi fort qu’il l’aimait maintenant. Et elle, elle disait « j’ai rien fait ! j’ai rien fait !  » sous les coups. Martin, ça l’empêchait pas de frapper, comme s’il lui faisait l’amour. Il la touchait, ça le soulageait. Il trouvait ça normal. Il était amoureux d’elle. Nathalie, elle s’appelait. Nathalie la Vilaine. Celle qui sait même pas les bonnes manières de l’amour, celle qui laisse tomber amoureux pour rien. Elle valait pas grand-chose, Nathalie. Elle était belle et toute pourrie en même temps. Enfin, maintenant qu’il l’avait bien amochée, elle était plus très belle. Elle devait se dire «  la prochaine fois, je ferais attention ». Elle devait se dire «  si je m’en sors ». Elle devait se dire « c’est moche l’Amour ». Mais pour l’instant, elle se protégeait avec ses petits bras en répétant « j’ai rien fait ! j’ai rien fait !  » en sachant très bien ce qu’elle avait fait. Quand Martin s’arrêta un peu, il se mit à regretter, à plus trop savoir où il en était, il embrassait les petits bras protecteurs et les morceaux de peau qu’il pouvait atteindre. Mais il lui sembla que c’était trop tard pour les baisers, alors il s’arrêta de tout. Il était tellement calme. Et Nathalie aussi.

 

 

09/02/2010

Je ne sais pas danser

Je ne sais pas danser. Je le fais pour lui plaire. Et parce qu'il me regarde. Je ne sais pas danser. Mais j'aime quand même le faire. Et j'aime l'odeur. L'odeur de la danse. Celle des corps et celle des cheveux. Je fais des petits pas en avant et en arrière. C'est comme ça qu'on fait. Je le vois sur les autres. J'imite les autres, pour lui plaire. Toujours. Parfois, je fais la tête aussi, en avant et en arrière, c'est bien je crois. Je tangue. Je ne sais pas danser. Ça me donne soif de remuer comme ça. Ça donne aussi envie de faire l'amour. C'est l'odeur qui fait ça, ou bien le mouvement, ou bien les deux. Ça ressemble à l'amour quand on danse. Il y a des choses qui ressemblent. Mais l'amour, je sais le faire. Danser, je ne sais pas. Je le fais pour lui plaire. Parce qu'il me regarde. Mais je me demande si je lui plais comme ça à bouger dans tous les sens, avec la tête et les jambes qui s'activent et fléchissent parfois en effet de style. Sincèrement, ce n'est pas facile quand on ne sait pas. On dit qu'on s'abandonne, mais en fait, on se concentre. Dans l'amour, c'est pareil. Il faut trouver un équilibre pour ne pas faire n'importe quoi et pour continuer à plaire. Les autres autour, ils le savent et c'est pour ça qu'ils me servent. Ils me servent pour les imiter et pour sentir quand je suis ridicule. Je me regarde dans eux. Eux aussi me regardent, mais ils ne m'imitent pas. Ou alors, c'est pour se moquer parce que je ne sais pas danser.

En même temps que je danse, je me demande toujours si après la danse, on va faire l'amour. Puisque ça ressemble, on pourrait enchaîner. Ce n'est pas sûr, pas évident. Il me tourne autour, je fais les jambes et la tête dans tous les sens, mais pas plus, je ne l'invite pas. S'il veut, il vient. C'est à lui de le faire. Moi, je fais déjà l'effort de danser alors que je ne sais pas. Je le fais pour l’odeur mais surtout pour lui plaire et parce qu'il me regarde.

 

 

31/01/2010

les mères

Ma mère voulait toujours bien présenter. Les mères jouent beaucoup sur le paraître. On ne sait que bien plus tard les vérités vraies. En fait, on ne les connaît pas bien les mères. Les pères, ils les connaissent mieux que nous. D’une autre manière. Ils les ont séduites, désirées, aimées avec leur corps, sans que le sang y soit pour quelque chose. Les pères ont vraiment aimé les mères. Pour nous, les enfants, tout est faussé. Déjà, on était à l’intérieur d’elles. T’imagines, c’est pas rien. Elles nous ont fabriqué comme on fait un bonhomme de neige, sans oublier le nez, les yeux et tout ce qu’il faut pour faire un beau bonhomme de neige. Puis, on a pris le lait, la chaleur, les yeux dans les yeux et tous ces trucs dont on ne se rappelle pas mais qui nous attachent très tôt. On est obligé de les aimer les mères. On le sait bien, une mère, on l’aime même si c’est une vache. Même complètement vache, on ne le voit pas. Elle font tout pour bien présenter. Et puis quand on s’en aperçoit (si on s’en aperçoit), on ne peut plus rien y faire parce qu’on n’a pas que ça à faire de reprendre tout depuis le début.

 

27/01/2010

288 voeux

J’ai déjà fait des centaines de vœux. J’ai toujours utilisé toutes les occasions qui nous permettent d’en faire. J’estime à 3 fois par an, en moyenne, le nombre de premier fruit croqué dans la saison. En mettant à 5 ans l’âge de raison du vœu, cela fait 140 vœux. J’y ai rajouté depuis 5 ans le premier bain de mer de l’année. J’évalue à 50 le nombre de cils tombés sur ma joue et repérés par un ami, même estimation pour le nombre de fois où j’ai dit la même chose en même temps que mon voisin, j’ai dû voir 10 étoiles filantes dans ma vie, cueilli 3 trèfles à 4 feuilles et une trentaine de coccinelles ont dû se poser sur ma main. 288 vœux qui ne se sont pas réalisés. Ou pas encore. Certaines personnes font des vœux faciles, alors c’est normal que ça marche. Mais on n'est pas sûr que ce soit grâce au vœu. Moi, je fais des vœux impossibles. Des vœux de génie. Au tant en profiter. Sinon, ça ne sert à rien. On ne sait pas s’il y a une relation entre nos vœux et les choses merveilleuses qui nous arrivent. Je veux être sûre que la chose espérée se réalise parce que j’en avais fait le vœu, lorsque j’ai mangé ma première asperge de l’année par exemple. Alors, quand je dis dans ma tête et sans le dire à personne bien sûr « Que je ne vieillisse jamais », je suis sûre que si ça arrive, ce sera grâce à l’asperge. C’est un mauvais exemple, parce que celui-ci, il marche un peu. Mais un jour, il va s’arrêter de marcher. Sûrement à partir d’aujourd’hui puisque je viens de le dire. Et qu’il y a aussi ce paramètre : on ne dit ses vœux à personne. De toutes façons, les vœux ont leurs périodes. Je garde le même pendant quelques temps et je le change quand je vois qu’il ne se réalise pas. J’ai longtemps fait le vœu « Que mes parents se remettent ensemble ». Je pense que c’est le vœu le plus formulé par les enfants d’aujourd’hui parce que parfois, ça arrive ! Je suis sûre que c’est grâce au vœu des enfants. Moi, ça n’a pas marché. Maintenant, c’est trop tard. Puisque je viens de le dire.

288 vœux impossibles qui se promènent dans ma tête.

 

13/11/2007

LA DERNIÈRE FOIS

J’ai trop peur de la mort pour ne faire l’amour qu’une seule fois par semaine. Et si la dernière fois, c’était la dernière fois de ma vie ? Quand j’y pense, j’ai envie de le faire tout de suite. Vite ! Vite ! Avant qu’il ne soit trop tard. Et de le refaire. En m’appliquant. De le faire « le mieux possible ». Il faut que ce soit beau et grand une dernière fois, comme un bouquet final de feu d’artifice. Un émerveillement. Qui dure. Avec l’odeur qui reste sous les ongles même si on se lave les mains. Qu’il y est une résonance jusqu’à la prochaine fois pour rester en permanence dans une humeur érotique. Plus j’y pense et plus je me dis qu’il y aura une dernière fois. Peut-être en serais-je consciente. Peut-être pas. Il faudrait toujours se dire que c’est la dernière fois. C’est vrai, un jour, ce sera la dernière fois. Je me demande jusqu’à quel âge fait-on l’amour. 70, 80, 90 ? Jusqu’à la fin ? Il faut absolument que je me renseigne. Il doit y avoir des études faites à ce sujet. Mais, tout de même, je suis persuadée que je l’ai déjà plus fait que je ne le ferais encore. Au mieux, je suis pile au milieu. Et ça me fait peur. Très peur.

16:20 Publié dans Erotik | Lien permanent | Commentaires (0)

06/03/2007

NATYOT AU PRINTEMPS DES POETES

medium_Affiche_NAY_copie.jpg

08:35 Publié dans Erotik | Lien permanent | Commentaires (0)

26/11/2006

CONDUIRE UN AMANT

Conduire un amant. Conduire son amant. Conduire l’amant en faisant des détours. Sans détour. Conduire toute la nuit. L’emmener ou il ne veut pas. Conduire sans un doute. Ne pas lâcher le volant. Conduire à perdre haleine. Conduire pour être la reine. Tenir les rennes. Le volant. Éviter l ‘accident. Éviter les flaques. Conduire son amant. Conduire d’une main. Conduire des deux mains. Conduire avec audace. Ne pas fermer les yeux. Surtout pas. Conduire en parlant. Sans parler. Supporter le silence. Et le reste. Accélérer. Freiner. Accélérer. Freiner. Conduire son amant. Faire plusieurs fois le tour. Demi-tour. Foncer dans le vide. Se griser. Allumer la lumière. Y voir plus clair. Parfaitement clair. Conduire paisiblement. Chercher sa route. Se perdre. Trouver une issu. Un tunnel. Une issu. Conduire en descente. Lacher le volant. Lui donner. Le reprendre. Dépasser les limites. Ou sont les limites quand on conduit son amant ? Froler l’imprudence. Rencontrer la pudeur. Partir dans le décor. Sans dommage. S’arrêter cinq minutes pour se dégourdir les jambes. Prendre l’air. Se désaltérer. Reprendre la route. Reprendre le volant. Reprendre son amant. conduire plus calmement. Sagement. Conduire à bon port. Se garer. Couper le moteur et se dire qu’on est arrivé.