15.06.2006

HUMEURS D'ATTENTE

Je rumine. Je ne sais quoi.
Mes globules font l’amour sans me prévenir.
Je sens bien que çà copule dans mes veines.
Sans hésiter. A longueur de journée.
Et moi ? Je fais quoi ?
Ma fente se lamente.
Qu’il fait chaud !
Pas de pluie depuis plusieurs jours.
On a soif.
Ou sont les arrosoirs ?
Je veux raviver le teint de ma prune
Evanouie
Ensevelie
Recroquevillée dans les dunes
Salir un peu la couverture
Reveiller ces connards de voisins
Me faire rosir les joues
Et mourir à genoux
Je ne demande rien.

08.06.2006

LE CHAOS

La lumière s’était refermée sur nous
Ça sentait l’envie de se cramer
L’audace incessante
Des mains, des pieds, des cheveux collés
Comme une abrupte solution
Viens par là, mangeons nous
Et le reste !
Nos membres agglutinés s’affairaient dans l’ivresse
Nos muqueuses incontrôlables prenaient l’apparence humaine et volontaire du chaos
L’inévitable pulsion (généreuse)
Que ferais je de mieux demain ?
Demain, je scintille.

13.05.2006

LES MURS SONT EN PRÉFABRIQUÉ

On entend le bruit du dehors
Mais eux ne nous entendent pas
Nos cris de plaisir se dissipent
Dans cet air que nous respirons

Seuls nos voisins pourraient etre fiers
D’accéder à nos déraisons
Quand je te suce, tu exagères
Les murs sont en préfabriqué

Les immeubles vibrent sous nos cris
Et tout le monde fait semblant
Se dit bonjour dans le couloir
Baigné dans son odeur de baise.

08.05.2006

GLOU, GLOU

Je bois le cul. Glou, glou.
Ce n’est pas dangereux.
On y vient tous
À cette source.
Cela semble nous rendre heureux.
Glou, glou et reglou.
Je bois le cul à la fontaine salvatrice
Délectation animale de nos particules déshydratées
C’est presque la vie
Ou bien ça l’est vraiment
Boire pour vivre
Vivre dedans
Glou, glou
Mon ventre se remplit.

24.04.2006

LE SEXE, CE CANIVEAU

Le sexe, ce caniveau
Accueille nos flancs flasques
Nos dépits émanant
D’envies inavouables

Le sexe, ce caniveau
Aux odeurs d’excréments
Nous livre, à toute heure
Le plaisir

Le sexe, ce caniveau
Déverse nos faiblesses
Nos déchets impudiques
Et le vice.

Le sexe, ce caniveau
Se gorge puis s’assèche
Laissant s’éteindre sur le sol
Nos abats effrontés.

Le sexe, ce caniveau
Aspire nos artères
Nous attire sans cesse
Isolés dans ses veines.

On y pose la tête
Et l’errance est certaine
On s’y vautre athée
Pris de ferveur absurde

Des coups de pieds aux doutes
Perdus dans les effluves
On y mange affamés
Plus rien ne nous dégoûte.
podcast

31.03.2006

DRIVE-IN

Si je perds parfois le goût de ta queue
C’est que j’erre en dissidente aigrie
Vers des espaces sans repère
Qui semblent être des supermarchés

On s’y trouve à plusieurs fantômes
Hommes, femmes en tenue naturelle
Brandissant nos zones érogènes
Pour combler tant de vide et se faire abîmer

Le choix, dans les rayons, est sans comparaison
À tes offres banales de sexe conjugal
J’aime la variété, tout ce qui est nouveau
Et les regards baveux sans complexe ni ego.
podcast

22.03.2006

SUR LES PARKINGS

Sur les parkings ou les aires d’autoroute
parfois des couples se prennent
dans l’inconfort et la perversité qu’ils n’ont pas.
Ils défoulent leur neurones saines
dans l’idée d’une folie qu’ils n’ont pas,
et se gorgent de leur capacité à s’étreindre ailleurs
que dans leur lit ou ils n’ont plus envie.
Calfeutrée dans la soute ou rien n’est plus fécond
La mémoire illusoire des sensations perdues
Je m’octroie une self satisfaction
Sourire aux lèvres, j’entrevois le moment
Ou ma solitude volera en éclats
Moi défoncé par moi garde de beaux reflets.
podcast

09.02.2006

Le volcan

Entre mes jambes, un volcan gît
Une main ne suffirait pas
A rendre ma flamme banquise
Soyez nombreux, dévastez moi


Il n’y a rien que je maîtrise
Dans cette douce chaleur indécente
Je me retrouve vite en prise
Avec mes ardeurs oppressantes


Mes reins se courbent facilement
Ma crinière demande la main
Je me trouble, je me rends
Emportez- moi, ne dites rien


Faites taire ma colère
Cette en vie de me répandre
Dans mon ventre vocifère
Le supplice de l’attente.

La rivière

Elle a coulé la rivière
Elle a coulé la rivière Elle a coulé la rivière Elle a coulé la rivière Elle a coulé la rivière Elle a coulé la rivière Elle a coulé la rivière Elle a coulé la rivière Elle a coulé la rivière Elle a coulé la rivière Elle a coulé la rivière Elle a coulé la rivière Elle a coulé la rivière Elle a coulé la rivière Elle a coulé la rivière Elle a coulé la rivière Elle a coulé la rivière

Entre mes seins,
elle se répand
Elle a coulé la rivière
Jusqu’au nombril,
jusqu’à l’étang
Elle me recouvre
toute entière
Cette lie, je la vénère
Elle apaise tous mes tourments
Comme la main d’une mère
Sur la tête de son enfant
Puis la vie
devient matière
Sortie de son élément
Sur mon corps
comme du lierre
Desséché
en un instant
La tête jetée
en arrière
Parade du dernier moment
Je te montre
mon corps fier
Tu me tiens
à bout portant.

Le pardon

Les commodités nous défigurent
Lassons nous de nos allures de
Préférons l’incertain, les doigts bien enfoncés
Dans l’infinie beauté de nos gestes impurs

Accablée de désir, j’inonde ma toison
Je n’envie pas la chienne attachée à son pieu
Qui hurle dans la nuit à qui voudrait la prendre
Je reve souveraine au serpent sinueux

Caprice à mes depends, tu me cherches sournois
Habile manigance, tu me perds mais j’abrite
En moi plus d’un combat de plaisir aux abois
Et je gagne toujours tout ce que je mérite

Alors viens là, donner à ma croupe raison
Suce mon entre cuisses et dis moi que tu aimes
Parcoure en tout lieu mon fascinant domaine
Donne moi l’occasion de demander pardon

Toutes les notes